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Kurinuki pour débutants : sculpter sa première tasse dans un bloc d’argile
Techniques
Kurinuki pour débutants : sculpter sa première tasse dans un bloc d’argile
Le kurinuki, c’est l’art de sculpter une pièce dans un bloc d’argile plein. Méthode pas à pas pour débuter, maîtriser l’épaisseur des parois et éviter les fissures — avec des gabarits de contrôle.
LC
Louis Coffin
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En bref
Mesurez votre terre une fois après cuisson, puis renseignez son retrait dans l’outil. Il applique ce pourcentage à toutes vos dimensions pour produire un développé prêt à imprimer.
Image de couverture


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Le kurinuki (刳り貫き, « creuser en évidant ») est une technique japonaise qui séduit de plus en plus de céramistes : plutôt que de monter une pièce, on la sculpte dans un bloc d’argile plein en creusant l’intérieur. Pas besoin de tour ni de plaque — juste un bloc, quelques outils, et de la patience. Le résultat a ce caractère brut et taillé, très recherché pour les tasses, bols et vases.
Le vrai défi pour débuter ? Ne pas percer la paroi et obtenir une épaisseur régulière. C’est là que travailler avec des repères change tout.
Qu’est-ce que le kurinuki, exactement ?
Contrairement au colombin ou à la plaque (où l’on assemble des morceaux), le kurinuki part d’une masse pleine. On dégrossit la forme extérieure, puis on évide l’intérieur par le haut, en laissant des parois d’épaisseur homogène. C’est de la sculpture soustractive appliquée à la poterie.
Ce qu’il vous faut
Un bloc d’argile (grès chamotté de préférence : il pardonne mieux et fissure moins)
Un fil à couper
Des mirettes (loop tools) de tailles variées
Un couteau / une aiguille
Une estèque et une éponge
(Optionnel mais recommandé) des gabarits de contrôle imprimés : profil extérieur, vue de dessus, et coupe de creusage

Le point de départ : un bloc plein et quelques mirettes.
Étape 1 — Préparez et raffermissez votre bloc
Compactez bien votre bloc (tapez-le sur la table pour chasser les bulles d’air : c’est critique en kurinuki, une bulle = un éclat à la cuisson). Laissez-le raffermir jusqu’à une consistance « cuir mou » : assez ferme pour tenir la forme sculptée, assez tendre pour creuser sans forcer. Trop mou, ça s’affaisse ; trop dur, ça casse.

Étape 2 — Dessinez la forme extérieure
Reportez votre silhouette sur les faces du bloc. Pour rester symétrique et viser la bonne taille une fois le retrait pris en compte, utilisez un gabarit de profil extérieur : vous le posez sur chaque face et vous tracez. C’est ce qui évite la pièce « de travers » typique du débutant.
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Le gabarit de profil posé sur la face : on trace, on reste juste.
Étape 3 — Sculptez l’extérieur
Enlevez la matière autour de votre silhouette avec le fil puis les mirettes, en tournant régulièrement le bloc pour garder l’équilibre. Descendez progressivement vers votre forme finale. Ne cherchez pas le détail tout de suite : d’abord le volume, ensuite l’affinage.

Étape 4 — Creusez l’intérieur (l’étape clé)
Marquez l’ouverture sur le dessus (une vue de dessus imprimée aide à centrer et à garder la bonne largeur d’ouverture). Puis évidez par le haut avec les mirettes, du centre vers les bords, par couches.
Le point critique : l’épaisseur de paroi. Visez une paroi régulière (souvent 7 à 10 mm en kurinuki). Pour ne pas creuser trop près du bord ni percer le fond, appuyez-vous sur une coupe de creusage : elle vous indique jusqu’où descendre et où vous arrêter en gardant la paroi visée. Contrôlez souvent en pinçant délicatement la paroi entre deux doigts.


On évide par couches, en surveillant l’épaisseur des parois.
Étape 5 — Affinez et signez la surface
Une fois la paroi régulière, affinez l’extérieur : facettes, traces d’outil assumées, ou surface lissée à l’estèque. C’est là que naît le style du kurinuki. Vérifiez l’assise (le fond doit être stable et pas trop épais).


Les traces d’outil, signature du kurinuki.
Étape 6 — Séchage et cuisson
C’est là que beaucoup de pièces kurinuki fissurent, à cause des variations d’épaisseur. Séchez très lentement, à couvert (plastique lâche) pendant plusieurs jours, en retournant la pièce pour homogénéiser. Puis biscuit, émaillage, cuisson.

Les erreurs fréquentes à éviter
Bulles d’air non chassées → éclats à la cuisson. Compactez bien le bloc.
Parois inégales → séchage inégal et fissures. Contrôlez l’épaisseur en continu.
Percer le fond ou le bord → creusez par couches, avec une coupe de repère.
Séchage trop rapide → la cause n°1 des fêlures en kurinuki.
Questions fréquentes
Quelle argile pour le kurinuki ?
Un grès chamotté : la chamotte réduit le retrait et le risque de fissure, idéal pour les épaisseurs irrégulières.
Quelle épaisseur de paroi viser ?
Souvent 7 à 10 mm. Plus épais qu’un montage classique — c’est normal et ça fait partie du style.
Peut-on faire du kurinuki sans outils spéciaux ?
Oui, une simple cuillère et un couteau dépannent, mais les mirettes rendent le creusage bien plus régulier.

Le résultat : une pièce sculptée, aux parois maîtrisées.
Le kurinuki récompense la patience et la régularité. Un bloc bien préparé, une paroi contrôlée, un séchage lent — et quelques repères pour ne pas naviguer à l’aveugle.
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Lire ensuite : calculer le retrait de l’argile
Pour une autre approche sans tour, découvrez aussi 8 idées faciles à faire à la plaque
À retenir
Mesurez votre terre une fois, puis laissez l’outil appliquer le retrait à toutes vos cotes.
LC
À lire ensuite
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